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Maléna, dix-neuf ans : « J’ai toujours su que j’étais dépressive »

Diagnostiquée dépressive en Octobre 2021 alors qu’elle n’est âgée que de 17 ans, Maléna fait partie de ces jeunes collégiens, lycéens et étudiants, de plus en plus nombreux à être touchés par cette maladie. Aujourd’hui en plein combat pour sauver sa propre santé mentale, elle a accepté, pour Chocolatine, de revenir sur son parcours.

"Le diagnostic a été un vrai soulagement "

Lorsque je demande à Maléna à partir de quel moment a-t-elle compris qu’elle souffrait de dépression, cette dernière prend un petit temps de réflexion avant de répondre : “Je crois que je l’ai toujours su”. Une phrase qui peut paraître bateau mais qui est lourde de sens pour cette jeune étudiante de 19 ans.J’ai toujours été une personne anxieuse de nature. Mais c’est au collège que j’ai réellement commencé à développer des troubles dépressifs. C’était une période vraiment difficile pour moi et je devais faire face à du harcèlement, ce qui donnait en quelque sorte une “excuse” à mes troubles, cela les justifiait. Puis le lycée est arrivé et le harcèlement a cessé, mais les troubles, eux, se sont intensifiés” détaille-t-elle.

Parmi ces troubles, Maléna doit faire face à des “idées noires comme elle préfère les appeler, pour préserver ses proches de la violence du terme “pensées suicidaires”, mais aussi à l’impossibilité de trouver le sommeil, un manque d’envie permanent et à un comportement auto-destructeur.Il faut comprendre que la dépression, c’est un cercle vicieux qui est encore mal assimilé dans l’imaginaire collectif. On manque d’envie et d’énergie pour chaque petite chose du quotidien alors les autres pensent qu’on est simplement fainéant, qu’on exagère et on fini nous mêmes par y croire et se persuader que c’est nous le problème, ce qui empire les troubles…”. Un quotidien en pointillé qui finira par prendre tout son sens en Octobre 2021, lorsque le diagnostic tombe : Maléna est dépressive.À ce moment-là, c’est un vrai soulagement ! Sans te soigner, le diagnostic “officialise” que ce n’est pas toi le problème et tu prends conscience que ce n’est pas de ta faute, que c’est une maladie”.

Un mois et demi en hôpital psychiatrique

Grâce à ce diagnostic réalisé premièrement par une psychologue puis par un psychiatre, Maléna effectue le premier pas d’un long parcours vers la guérison. Un parcours qu’elle tente d’abord d’entreprendre seule : “Je n’en ai pas parlé tout de suite à ma famille. Il y avait une crainte certaine de ma part de leur annoncer que j’étais dépressive. D’abord car je sais que mon père a une philosophie de vie qui fait qu’il aurait été capable de remettre en cause le diagnostic (j’appelle cela le “psycho-scepticisme” ! ajoute-t-elle en rigolant), mais aussi car je ne pouvais pas m’empêcher de me comparer à ma sœur qui, elle, réussissait toujours tout. Je ne voulais pas être une déception.” Une décision qui ne s’avèrera finalement pas viable au vu de sa santé mentale qui se détériorait rapidement malgré la fin du parcours scolaire. “J’ai commencé par habiter seule et la situation a empiré au point où c’est finalement ma psychologue qui a appelé mes parents pour qu’ils me récupèrent en leur disant que s’ils n’intervenaient pas maintenant, je risquais de me suicider”.

Un événement décisif pour la guérison de Maléna, décidant, un an après son diagnostic, d’accepter un séjour d’un mois et demi en hôpital psychiatrique.L’hôpital psychiatrique m’a beaucoup aidé sur certains points. Bien sûr, ils n’ont pas de remède miracle, mais ils sont formés à cela et ils savent donc gérer les patients au quotidien. Le programme est principalement basé sur un accompagnement personnel, ils connaissent chaque patient et leur situation ce qui leur permet de savoir ou sont nos limites et nos faiblesses en ce qui concerne notre santé mentale. Sinon, ils veillent globalement à nous maintenir actifs en nous proposant des activités pour occuper l’esprit et ne pas nous laisser replonger dans ce cercle vicieux”. Une expérience intensive pour la jeune étudiante qui aura passé un mois et demi dans un établissement comme celui-ci, nuits et jours compris.Ça a réellement été une bonne chose pour moi ! Avoir cet accompagnement personnalisé et sans jugement, c’était quelque chose de vraiment appréciable”.

"Il y a une romantisation de la santé mentale"

Comme Maléna, environ 1 jeune sur 5 dit avoir connu un épisode dépressif*. Des chiffres qui ne cessent de grimper, notamment depuis la crise de la Covid19, et qui atteignent désormais des sommets, à l’image dun rapport du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’âge (HCFEA) publié la semaine dernière. En effet, le rapport indique que la consommation de psychotropes chez les mineurs a tout simplement doublé entre 2014 et 2021, avec notamment une augmentation de 63% dans la consommation d’antidépresseurs.

Des chiffres alarmants qui ont plusieurs explications selon la jeune femme. “Tout d’abord, je pense que l’époque à laquelle nous vivons est extrêmement anxiogène pour les jeunes. On vit dans un monde où nous devons faire face à l’urgence climatique, à l’urgence sanitaire mais aussi à des conflits armés qui impactent directement notre qualité de vie… De plus, je pense qu’avec l’explosion de certains médias comme TikTok, il y a une romantisation de la santé mentale. On voit de nombreuses vidéos de personnes qui s’identifient à des pseudos-symptômes et qui se persuadent qu’ils sont dépressifs sans aucun diagnostic professionnel. Il y a encore une grande confusion entre la déprime et la dépression. Et enfin, je pense aussi -pour l’avoir vécu- que la situation médicale actuelle n’aide pas. Par exemple, il suffit d’aller voir son médecin traitant et de remplir un petit formulaire pour se voir prescrire certains antidépresseurs. Pour moi, la vraie question n’est pas de savoir s’ils en prescrivent plus mais bien pourquoi ils le font”.

Aujourd’hui, Maléna, qui a du stopper ses études à cause de ses troubles, attend la rentrée prochaine avec impatience, elle qui va s’orienter dans une toute nouvelle filière. La jeune étudiante garde bon espoir de se sortir de sa situation : « Si je témoigne aujourd’hui, c’est parce que j’espère que mon témoignage pourra être utile aux autres. J’aurais moi-même aimé être mieux aiguillée à l’époque« .

*Etude menée en 2021 par l’IPSOS

Image 1 : Pixabay
Image 2 : Pixabay

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